Lorsque l’on parle d’instruction à la maison, une problématique revient de façon régulière  :  «  Mais comment  l’enfant va t-il savoir tout ce qu’il doit savoir  ?  ». Grande question… Et je vous la retourne d’ailleurs  : savez-vous déjà tout ce que vous devriez savoir  ? En effet, un enfant ou un adulte apprend toujours, tout au long de sa vie. La différence est, qu’à l’âge adulte nous nous dirigeons vers les choses qui nous tiennent à cœur donc, non seulement nous les apprenons, mais aussi nous les retenons, car elles nous intéressent  ! Dans l’idée, c’est exactement ce que nous souhaitons faire avec notre petite curiosité : l’éveiller et approfondir les thématiques/sujets qui interrogent son esprit. Et je ne doute pas qu’il y en aura plein ! Qui a déjà vu un enfant ne poser aucune question  ? Ou rester face à un mur sans rien faire, ni rien dire pendant des jours entiers  ?

Rythme de la société VS Rythme de l’enfant

L’école enseigne de nombreuses choses, mais en suivant un programme. Estimant qu’un enfant doit savoir telle ou telle chose à tel âge. Pensons à la lecture par exemple… Un enfant doit savoir lire au CP, soit à 6 ans. Que se passe t-il s’il ne sait pas  ? S’il apprend à lire à 7 ans, à 8 ans ou encore même un peu plus tard  ? Quand on y pense, rien n’urge. Et je suis intimement convaincue qu’il sera lui-même en demande d’apprendre lorsqu’il aura compris le champ des possibles que la lecture lui apporte, quand il aura le désir de lire ce que ses personnages de BD préférés racontent, qu’il voudra dicter la recette de cuisine à maman ou que sais-je encore… À un instant «  T  », l’enfant ne saura peut-être pas ce qu’il devrait savoir selon les «  conventions  », mais il saura beaucoup mieux que quiconque, ce qu’il veut et doit savoir. Est-ce que je suis claire  ? 🙂 Si je reformule : il sait ce que son esprit est prêt à assimiler. Si nous essayons de lui faire apprendre quelque chose d’autre que nous pensons être plus important, il est probable qu’il n’y prête pas grande attention et qu’il l’oublie aussi vite. Et le pire dans tout ça, serait de lui faire perdre sa soif d’apprentissage en l’obligeant à “plancher” sur des sujets qui ne l’inspirent pas. Et c’est, selon moi, ce qui se passe majoritairement en salle de classe. Je ne rechigne pas sur le système scolaire ; je n’ai d’ailleurs jamais été en échec et j’étais même une excellente élève, tout du moins j’étais une pro du bachotage. Une qualité qui m’aura permis de briller avec mes 15 ou 16 de moyenne générale pendant toute ma scolarité. Mais j’avais tellement la hantise des mauvaises notes que je suis passée à côté des choses que j’aimais vraiment  : la musique, le dessin, l’écriture, la création. Ces choses qui me font encore vibrer aujourd’hui et qui n’avaient, à l’époque, aucune place dans mon emploi du temps tellement je focalisais sur des devoirs et exercices auxquels je n’attribuais aucun intérêt, dans l’unique besoin de voir un «  très bien  » ou une bonne note sur ma copie. Et quand on y pense, pourquoi ces exercices ou devoirs n’avaient-ils aucun intérêt  ? Parce qu’il me semble qu’une grande majorité des enfants ne se sentent pas concernés par ce qu’on leur apprend au moment où on le leur apprend. J’avoue par exemple qu’à 11 ou 12 ans, les missions du Sénat ou de l’Assemblée Générale n’occupaient pas foncièrement mon esprit. De mes heures d’éducation civique, il ne me reste alors que le souvenir de mes belles torpilles plantées au plafond (si, si vous savez, celles que l’on faisait avec les cartouches d’encre) ou la satisfaction d’avoir fait tourner mon stylo sur ma main 10 fois de suite sans qu’il ne tombe… Pour l’histoire  ? Pas mieux. Et c’est finalement le cas pour de nombreuses matières. Résultat des courses  : je ne me souviens que de très très peu de choses de ces années. Mais rassurez-vous, je ne suis pas totalement dénuée de connaissances pour autant, tout du moins je ne crois pas…

Et si l’enfant aime des choses inconnues des parents  ?

Il est évident que l’on ne connaît pas tout sur tout. Fort heureusement d’ailleurs, cela signifie que nous avons nous-même plein de choses à apprendre avec et par nos enfants  ! Ma petite curiosité se passionne pour la chimie  ? Qu’à cela ne tienne… Ce sont des tubes à essai que nous achèterons à la place d’une guitare. Et si je n’ai pas le savoir nécessaire pour répondre à ses questions, soit je chercherai avec elle soit je me rapprocherai d’une personne plus habilitée que moi pour lui répondre (un voisin, un ami, un autre parent pratiquant l’instruction en famille et peut-être même un enseignant car beaucoup d’entres eux ont opté pour l’IEF). Je ne dis pas que c’est simple, je dis qu’il y a toujours des possibilités, toujours une grande quantité de ressources  ! Et donc, que c’est FAISABLE  ! D’ailleurs côté sciences, Pierre Curie n’est jamais allé à l’école  ; il a été instruit par ses parents et par un ami de la famille… À bon entendeur… 🙂

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